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MIZIK INFOS :: Thuram : « Il y a d’autres choses après le football »| Thuram : « Il y a d’autres choses après le football » |
| Posté par : sandra / Source: lepariien.fr / 02-08-2008 | |
  UN MOIS après avoir révélé son problème de malformation cardiaque, Lilian Thuram (36 ans) a annoncé hier, depuis le Parc des Princes, la fin de sa carrière de footballeur. Visiblement ému, l’international français aux 142 sélections a expliqué qu’en raison d’un « coeur épais » et pour préserver ses proches, il préférait raccrocher les crampons après dix-sept ans au plus haut niveau.
Quels sont les résultats médicaux concernant votre problème cardiaque ?
Lilian Thuram. J’ai le coeur assez développé, il y a un risque. Mais je n’ai pas la maladie génétique de ma mère (NDLR : myocardiopathie hypertrophique) . Au bout d’un moment, le doute a failli se transformer en certitude, mais c’est simplement un coeur un peu trop musclé. Il était difficile pour moi de continuer le football.
Avez-vous vraiment penséàpoursuivre votre carrière ?
Bien sûr. Si j’ai attendu jusqu’au 30 juillet, c’est que l’envie qui prédominait était de continuer. Si j’avais choisi d’arrêter, je l’aurais dit tout de suite. J’avais besoin de me rapprocher de ma famille et de mes amis. Il fallait prendre du recul pour mener une réflexion sereine. Ce qui est intéressant, c’est qu’aucun de mes proches ceux que j’aime énormément ne m’a dit de continuer.
Votre mère a-t-elle fait pencher la balance ?
Oui, car c’est la personne qui m’aime le plus et que j’aime le plus. Le jour où j’ai eu la certitude que je n’avais pas sa maladie, je suis allé la voir pour lui dire que j’allais peut-être recommencer le foot pour voir. Elle m’a répondu que cette décision m’appartenait, même si je sentais qu’elle voulait que j’arrête. Le jour où j’ai décidé de stopper ma carrière, j’ai senti un soulagement, qu’elle était heureuse. Je crois que je l’ai rarement vue heureuse comme ça.
Que vous a-t-elle dit ?
Rien de particulier. C’est dans le comportement. Au moment de me décider, je suis monté dans sa chambre parce qu’elle n’était pas très bien. Je lui ai dit : « Je crois savoir pourquoi tu n’es pas bien. Je voulais simplement te dire que j’ai pris la décision d’arrêter. » Il faut savoir que, lorsque je suis aux Antilles, je me lève tôt. Je fais une balade matinale et, ce jour-là, je vois quelqu’un dans la piscine avec un visage radieux : c’était ma maman. Généralement, elle ne va jamais à la piscine, car elle ne sait pas nager. Là, j’ai compris qu’elle avait eu vraiment peur.
« Je viendrai voir le PSG »
Après la perte de votre frère Antonio, décédé sur un terrain de basket en raison d’une malformation cardiaque, pouvait-il en être autrement ?
C’est un contexte familial où il fallait aller doucement. Quand une mère perd un fils simplement parce qu’il a joué au basket, vous ne pouvez pas l’empêcher de penser qu’il va se passer la même chose pour son autre fils.
Qu’est-ce qui vous a également guidé dans votre réflexion ?
Je ne pouvais pas donner la garantie au PSG que je serais au maximum. Parce qu’inconsciemment, je crois que le problème est encore là, dans ma tête. Quand on m’a dit cet été que je pouvais recommencer à m’entraîner car mon coeur n’était pas touché, je suis allé courir. Mais, par moments, ça me traversait l’esprit. Et dans le sport de haut niveau, ce type de doute ne peut pas exister.
Dans quel état d’esprit êtes-vous à l’aube de cette retraite forcée ?
Il y a beaucoup de tristesse. Dans la vie, on préfère toujours anticiper les choses, ça nous permet d’être prêt. Là, ça n’a pas été le cas. C’est un peu rapide, mais il faut analyser les choses, accepter et rester digne, car je sais qu’il y a d’autres choses après le football. A moi d’être à la hauteur.
Pourquoi avoir choisi le Parc des Princes pour annoncer la fin de votre carrière, alors que vous n’avez jamais porté le maillot du PSG ?
C’était une façon de saluer la manière dont le club s’est comporté. Il n’y était pas obligé. Généralement, si un club s’aperçoit que le joueur qu’il veut acheter a un problème cardiaque, il rompt les négociations et on en reste là.
Viendrez-vous voir les matchs du PSG cette saison ?
Oui, je viendrai voir les matchs, j’encouragerai et j’espère que je ne critiquerai pas beaucoup.
Y a-t-il une frustration de ne pas porter le même maillot que Claude Makelele, pour lequel vous avez beaucoup d’estime ?
C’est surtout le fait de ne plus jouer tout court qui me frustre. Je m’étais dit que j’allais jouer deux ans au PSG. Même si j’ai 36 ans et que tout le monde dit que je suis vieux, l’image d’un Maldini à l’AC Milan, je trouve ça extraordinaire.
Votre carrière restera associée à l’Italie où, entre Parme et la Juventus, vous avez passé dix ans. Quel souvenir en conservez-vous ?
C’est là que j’ai appris mon métier et que j’ai pris conscience que c’était un métier. J’ai eu la chance de croiser des entraîneurs comme Carlo Ancelotti ou des joueurs comme Fabio Cannavaro qui m’ont appris et m’ont inculqué la culture de la gagne.
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